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mercredi 30 décembre 2015

La septième fonction du langage

20:50:00
Auteur : Laurent Binet
Genre : Contemporain
Nombre de page : 496
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Lu en : Décembre 2015
 

" Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect... "







Ce que j'en ai pensé...

__Consacré par le prix Fnac 2015 et sorti durant la fameuse rentrée littéraire, ce livre me faisait très envie. Il me tardait de le lire, tant j'en entendais parler partout et tant le sujet m'intéressait. Je remercie donc les éditions Grasset pour ce partenariat via NetGalley.
__Tout commence donc par la mort de Roland Barthes, sémiologue et professeur au Collège de France. Et si sa mort n'avait rien d'accidentel ? Et si on l'avait assassiné ? A travers ces hypothèses, Laurent Binet nous entraîne avec lui dans une folle enquête au beau milieu des intellectuels de l'époque et où tous sont suspects...
__Ça a été une très bonne lecture ! Faisant des études littéraires, j'ai retrouvé dans ce livre certaines notions qu'on a étudié, ce qui m'a fait encore plus appréciée ! Après, c'est vrai que ça ne parle pas à tout le monde et que, peut être, certains se retrouveront un peu perdu face à ces notions complexes, bien qu'elles soient très bien expliquées tout de même.
__Le narrateur nous plonge dans une enquête très prenante et très addictive ! L'enquête fait suite à la mort de Roland Barthes et met en scène plusieurs intellectuels relativement connus du grand public, tels que Bernard-Henri Levy, Sollers... Le duo d'enquêteur, Bayard et Herzog, aussi improbable qu'attachant, m'a énormément plu ! J'ai adoré les suivre !
J'ai aussi beaucoup aimé le fait que l'auteur lui-même fasse des interventions dans le livre, j'ai aimé cette manière qu'il a de prendre le lecteur à témoin parfois.
__En somme une très bonne lecture, qui m'a beaucoup plu et avec laquelle j'ai passé un très bon moment.

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mardi 20 octobre 2015

Profession du père

12:30:00
Auteur : Sorj Chalandon
Genre : Contemporain
Nombre de page : 320
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Lu en : Octobre 2015

" "Tu connais ton père", disait la mère d'Emile. Un jour, il était parachutiste. Le lendemain, habillé en pasteur, il obligeait son fils à s'agenouiller pour être exorcisé. Et le soir, il lui avouait à voix basse être un agent secret américain. En pleine nuit, le père d’Émile s'est réveillé rebelle. Soldat clandestin chargé d'une mission supérieure : assassiner De Gaulle. Mais pour tuer le général, il fallait être deux.
C'est comme ça qu’Émile a été enrôlé par son père dans l'organisation secrète. Alors, il était heureux, Émile. De plaire à son père, de ne plus être battu. Mais aussi, il avait terriblement peur. Parce qu'à 13 ans, c'est lourd un pistolet. " 


Mon avis  


 __Tout d'abord, merci aux éditions Grasset pour ce partenariat via netgalley.
 __"Profession du père" est le premier livre que je lis de Sorj Chalandon, mais pas la dernier, tant je l'ai aimé !
 __Émile Choulans a douze ans. Il vit reclus avec ses deux parents, qui ne reçoivent jamais personne. C'est un élève médiocre, seulement passionné par le dessin. Son père est violent, sa mère effacée et n'a de cesse de répéter à son fils "tu connais ton père". Émile, pourtant, ne le connait pas vraiment. Il va tomber sous sa coupe, son père va l'enrôler dans l'OAS. Celui-ci ne va pas hésiter à le réveiller en pleine nuit pour faire des exercices, va lui demander de poster des lettres... Le but de tout ça : assassiner De Gaulle. Émile va prendre son rôle très à cœur, tant il souhaite se rapprocher de ce père qu'il ne connaît pas vraiment et dont il ne sait même pas quelle est la profession...
 __C'est un livre extrêmement poignant et parfois difficile à lire. On se rend très vite compte que ce père est néfaste pour Émile. Il lui fait faire des choses qu'un enfant de 12 ans ne devrait pas avoir à faire. Et pourtant, Émile a une confiance aveugle en lui. Et ce malgré les coups qu'il reçoit, malgré la violence, la folie, les mensonges, de ce père. Complètement sous sa coupe, par mimétisme aussi, il va à son tour enrôlé un camarade de sa classe. La mère, elle, sera dans le déni du début à la fin. Complètement passive, soumise à ce mari tyrannique.
 __Ce livre est d'autant plus poignant quand on sait que c'est vraiment ce qu'a vécu Sorj Chalandon dans son enfance. Malgré tout, aucune accusation n'est faite à l'encontre de ce père. Sorj Chalandon nous raconte ce qui est arrivé à travers le personnage d’Émile, sans pour autant porter de jugement sur ce père névrosé, sans lui en vouloir, sans ressentiment, et c'est un point qui m'a beaucoup plu.
 __Ce roman est un coup de cœur. L'écriture est puissante, intime. La fin est à l'image de ce livre : forte et bouleversante.


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  " J'avais enfin mis des mots sur mon silence. Et j'avais été entendu. "

lundi 12 octobre 2015

La faille

15:36:00
Auteur : Isabelle Sorente
Genre : Contemporain, Romance
Nombre de page : 520
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Lu en : Octobre 2015

" Lucie Scalbert était la plus belle fille du lycée. Avec un je ne sais quoi de dingue dans le regard. Je n’ai pas été surprise qu’elle devienne comédienne, je l’ai perdue de vue alors que le succès semblait l’attendre. Voilà que je la retrouve cinq ans plus tard. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle a abandonné sa carrière, elle prononce le nom de VDA, son mari, avec un mélange d’effroi et de rancœur. Ce vieillissement précoce, cette voix enfantine, ce rire désespéré : je comprends que c’est cela, une relation d’emprise.
Ce qui fascine une romancière, en l’occurrence, Mina Liéger, mon double fictionnel, c’est ce lien étrangement raisonnable qui unit une femme à un homme qui la rend folle. À mesure que je reconstituais l’histoire de Lucie Scalbert, il devenait évident que ce lien relevait moins de la psychologie que de la possession : une force mettait Lucie à la merci des hommes dont elle tombait amoureuse. Ce rapport destructeur produisait chez ceux qui en étaient témoins un sentiment de déjà-vu, comme si nous en reconnaissions l'empreinte dans nos faux-semblants et nos secrets de famille, et jusque dans les événements qui bouleversaient nos vies. L'emprise de VDA sur Lucie obéissait à des lois trompeuses, cruelles et romanesques qui tissaient la toile dans laquelle nous étions pris. " 



Mon avis


__Tout d'abord, merci aux éditions JC Lattès pour ce partenariat via Netgalley.
__Mina et Lucie se connaissent depuis l'année du bac. Toutes deux habitent le même immeuble et alors que Lucie a des difficultés en classe, Mina va lui donner des cours particuliers. C'est à cette occasion qu'elles vont devenir amies. Mais, suite à un incident, Lucie va déménager et toutes deux vont se perdre de vue. Ce n'est que des années plus tard que leurs chemins vont se croiser à nouveau. Lucie est devenue actrice, Mina écrivaine. De nouveau séparées, elles se retrouvent, mais Lucie n'est plus la même qu'avant. Elle a beaucoup changé, elle est amaigrie et n'est plus que l'ombre d'elle-même. On comprend l'emprise qu'exerce son mari, VDA, sur elle.
__L'écriture est dense, les chapitres longs avec beaucoup de retour en arrière, mais c'est ce qui m'a fait encore plus apprécié ma lecture.
__Lucie est un personnage que j'ai adoré. Elle a besoin de plaire, de sentir qu'on l'aime. La faute à cette mère froide, qui ne la pense pas assez intelligente et qui ne lui a jamais accordé cette attention dont elle avait tant besoin. Sa route va croiser celle de VDA, un pervers narcissique. Au début folle amoureuse, elle va vite se rendre compte que cette relation est malsaine. Mais elle incapable d'y mettre fin et d'échapper à l'emprise qu'il a sur elle. 
__J'ai beaucoup aimé cette lecture et je pense qu'elle va me hanter longtemps. "La faille" fait parti de ces romans qui marque et qu'on n'oublie pas de sitôt.
Pendant un peu plus de 500 pages j'ai été plongée dans cette histoire et il m'a été très difficile de lâcher ce livre, tant j'avais envie de savoir ce qui c'était passé. 

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dimanche 6 septembre 2015

D'après une histoire vraie

Auteur : Delphine de Vigan
Genre : Contemporain
Nombre de page : 477
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Lu en : Août 2015 




" Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. "







Mon avis


__Ce livre me faisait très très envie car le dernier roman de Delphine de Vigan m'avait énormément plu ! C'est l'un des livres de la rentrée littéraire que j'attendais le plus. Et, aussitôt acheté, aussitôt lu ! 
__C'est l'histoire de Delphine, en panne d'écriture depuis la sortie de son dernier livre au succès retentissant. Succès qu'elle ne s'attendait pas à avoir et auquel elle n'arrive plus à faire face. Durant cette période où elle est relativement fragile, elle fait la rencontre de L. et tombe sous sa coupe. En parallèle, Delphine reçoit des lettres extrêmement virulentes, lui disant qu'elle a salie la réputation de sa famille avec son dernier livre, qu'elle a un problème, qu'elle est malade. 
__C'est un roman vraiment prenant et à l'ambiance assez anxiogène. J'ai parfois été obligé de faire des pauses dans ma lecture tant ce qui nous est raconté est dérangeant. On sent qu'au fur et à mesure, L. a de plus en plus d'influence sur Delphine, sans que celle-ci ne s'en rende compte. Elle a une attitude assez malsaine et on sent d'emblée qu'elle veut faire en sorte que Delphine se coupe de tout et de tout le monde. Insidieusement, elle va parvenir à ses fins et réussir à faire en sorte que Delphine ne puisse plus écrire, ne serai-ce qu'un mail ou un chèque. 
__Une question transcende tout le roman : qu'est-ce que le Vrai ? Les lecteurs le recherchent-ils justement dans les romans qu'ils lisent ? En sont-ils de plus en plus friands ? Est-ce la fin de la fiction ? C'est aussi une question que l'on se pose durant la lecture : qu'est-ce qui est, dans ce que nous raconte Delphine de Vigan, Vrai ? Et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Les personnages dont elle parle existent, lorsqu'elle évoque François son compagnon, on sait de qui elle parle : François Busnel (présentateur de la grande librairie), elle parle aussi de ses proches, du coup une question se pose : est-ce vrai ? Est-ce que ce qu'elle nous raconte est ce qui s'est vraiment passé ? D'ailleurs tout est fait en sorte pour que l'on pense que c'est la vérité : le titre, tout d'abord, le personnage principal porte son prénom, l'allusion à son précédent roman (jamais nommé mais on est forcé de penser à "Rien ne s'oppose à la nuit"), les personnages, ainsi que la couverture. Tout est donc mis en oeuvre pour que l'on se pose cette question : est-ce autobiographique ? Ou est-ce de la fiction ? Ces questions sont les fils conducteurs du roman en fait. Un personnage n'a de cesse d'ailleurs d'y revenir : L.. Pour elle, il faut que Delphine (personnage) écrive sur elle et n'écrive pas une fiction. Pour L. c'est la mort de la fiction, les lecteurs veulent du vrai, du vécu. Ils ne s'intéressent plus à la fiction, le cinéma et les séries leurs en donne assez. Elle décourage Delphine d'écrire une fiction sur la télé-réalité, projet qu'elle avait en tête depuis un moment déjà et qu'elle décide d'abandonner, preuve qu'elle est plus sous la coupe de L. qu'elle ne veut bien se l'admettre au début.
__J'ai énormément aimé ce livre, vous l'aurez compris. C'est vraiment prenant, on n'a de cesse de se poser des questions. On a envie de savoir comment tout ça va se terminer, si Delphine va enfin ouvrir les yeux sur qui est vraiment L.. 
J'avais peur d'être déçue, tant j'avais aimé son précédent roman (qui a d'ailleurs été le premier livre que j'ai chroniqué sur mon ancien blog).
__Au final je ressort plus que conquise de cette lecture. Même s'il a fallut attendre longtemps pour lire un roman de cette auteure je ne regrette pas du tout, ça en valait vraiment la peine car ce livre est une petite pépite. L'une de mes meilleures découvertes de cette rentrée littéraire !

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" Rares sont les amis dont nous pouvons nous dire qu'ils ont changé notre vie, avec cette certitude étrange que, sans eux, notre vie tout simplement n'aurait pas été la même, avec l'intime conviction que l'incidence de ce lien, son influence, ne se limite pas à quelques dîners, soirées ou vacances, mais que ce lien a irradié, rayonné, bien au-delà, qu'il a agi sur les choix les plus importants que nous avons faits, qu'il a profondément modifié notre manière d'être et contribué à affirmer notre mode de vie. "

dimanche 26 juillet 2015

L'illusion délirante d'être aimé

19:30:00
Auteur : Florence Noiville
Genre : Contemporain
Nombre de page : 184
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Lu en : Juillet 2015

" « Une évidence. Une évidence aussi tangible qu’une pierre au milieu d’un jardin : C. est persuadée que je l’aime, que je l’ai toujours aimée. Comment puis-je faire semblant d’avoir oublié ? »
L’illusion délirante d’être aimé est une maladie, chronique, dangereuse, et parfois mortelle, nommée syndrome de Clérambault, car elle fut découverte par le célèbre psychiatre. C’est aussi un roman implacable, un thriller des sentiments : l’histoire d’une obsession et d’une dépossession. Un amour à perpétuité. Un amour qui ne peut que mal finir.
Milan Kundera a dit de ce roman de Florence Noiville : « Ce que dévoile L’Illusion délirante d’être aimé, c’est la présence aussi forte qu’inexplicable de l’amour dans la haine. »  "


Mon avis

/!\ Roman à paraître le 19/08/2015 /!\ 


__Tout d'abord, je tiens à remercier les Éditions Stock pour ce livre.
__Laura Wilmote, en couple avec Eduardo, présente une émission à la télévision. Elle a rencontré C. à la fac, il y a déjà plusieurs années. Elles travaillent toutes deux ensembles désormais. Oui mais voilà, tout bascule quand Laura découvre que C. est amoureuse d'elle et que celle-ci est persuadée que c'est réciproque. C. est en fait atteinte du syndrome de Clérambault ou l'illusion délirante d'être aimé. Laura va donc essayer d'en savoir plus sur cette maladie, elle a envie d'en faire un roman. Mais à trop chercher, cela ne va-t-il pas se retourner contre elle ?
__Lorsque j'ai assisté à la présentation de la rentrée littéraire chez Stock et qu'on nous a parler de ce roman, tout de suite j'ai eu très envie de le lire ! Il m'intéressait beaucoup et j'avais hâte de me plonger dedans ! Je n'ai pas été déçue, j'ai adoré ce roman ! C'est prenant de bout en bout. Il m'a été très difficile de le lâcher une fois commencé tant j'avais envie de connaître la fin. On sait d'emblée que l'issue sera fatale, mais pour qui ?
__Laura est un personnage qui m'a énormément plu. Elle ne sait pas trop dans quoi elle s'embarque, elle apprend à connaître ce syndrome car elle en est la victime. On sent bien que, au fur et à mesure du roman, l'obsession de C. à son égard l'obsède. Elle ne sait pas comment se débarrasser de C., comment lui faire comprendre que cet amour n'est pas réciproque. Et surtout comment expliquer aux gens ce qu'elle vit ? Comment être prise au sérieux ?
__C'est un roman très psychologique donc mais qui n'en est pas moins intéressant. J'ai appris un tas de chose sur ce syndrome durant ma lecture.
La fin est aussi très émouvante, notamment avec Eduardo. J'avais de la peine pour lui, pour ce qu'il vivait. Lui aussi est un personnage qui m'a beaucoup plu.
__Un roman psychologique très prenant, et qui met en lumière ce syndrome, relativement peu connu. 

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