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samedi 24 juin 2017

Tu as promis que tu vivrais pour moi

 
" Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.
Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain, l'homme avec lequel elle vit ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.
Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l'intention de se contenter de paroles en l'air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait… "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Michel Lafon pour ce partenariat via NetGalley ainsi que Carène Ponte, pour m'avoir envoyé son livre dédicacé.
__Le premier roman de Carène Ponte "Un merci de trop" m'avait beaucoup plu (si jamais vous l'avez loupé, ma chronique est juste ici) alors lorsque j'ai vu que son second livre était disponible sur NetGalley je n'ai pas hésité une seconde tant il me faisait envie. Et j'ai bien fait puisque je serai passée à côté d'un énorme coup de cœur qui m'a tenu éveillé une bonne partie de la nuit. 
__Dans ce livre donc, nous faisons la connaissance de Molly, la trentaine, qui vient tout juste de perdre sa meilleure amie, Marie à qui elle avait fait une promesse : celle de vivre sa vie pleinement, vivre pour elles deux. Et elle était loin d'imaginer où cette promesse l’emmènerait, surtout quand elle découvre que Marie n'a pas laissé la place au hasard puisqu'elle lui a laissé un paquet contenant douze lettres. Chacune des lettres contient une chose à faire pour le mois...
__Molly est un personnage extrêmement attachant, qui m'a énormément plu, vraiment. On se met très facilement à sa place et on se demande comment on aurait fait nous pour faire face à la perte d'un être avec qui on partageait tout depuis plus de 25 ans. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et je les ai tous beaucoup aimé. Tous apportent quelque chose à l'histoire et je serai bien restée quelques pages de plus à leurs côtés. Que ce soit Nadège, Charlotte, Viviane et j'en passe, chacun ajoute à cette histoire une touche d'humour et d'émotion.
__Ce qui est génial avec Carène Ponte, c'est qu'elle nous fait passer du rire aux larmes en un rien de temps. J'ai pleuré, beaucoup, mais j'ai ri aussi beaucoup. Difficile de rester insensible face à cette histoire prenante, que j'ai dévoré d'une traite une bonne partie de la nuit. C'est bourré d'émotion, d'humour et malgré des sujets forts tels que la perte d'un être cher, le deuil ou encore l'abandon sous des formes différentes, on referme ce livre le sourire aux lèvres en ayant qu'une seule envie : celle de ne pas avoir peur de tout quitter, d'oser, d'oser prendre sa vie en main.
__Commencée avant d'aller me coucher, je n'ai finalement pas pu décrocher de cette histoire avant de l'avoir finie. J'avais hâte de savoir où tout cela allait mener et je ne regrette pas d'avoir sacrifié quelques heures de sommeil pour ce livre. Petit plus, on retrouve avec grand plaisir les notes en bas de pages, celles-là même qui m'avait tant plu dans "Un merci de trop". 
__Pour conclure, je vous dirais simplement qu'il faut absolument courir en librairie pour vous précipiter acheter cette petite merveille !



" Qui te dit que j'ai envie de faire mon deuil, hein ? Faire son deuil, c'est comme oublier. Et moi, je n'ai pas envie d'oublier. Je n'ai pas envie de ne plus penser à elle. Grâce à ces enveloppes, elle sera encore avec moi pour douze mois. Douze tout petits mois. C'est difficile à comprendre ? "

lundi 29 mai 2017

Une ombre chacun

17:24:00

" Rescapée d'un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles. Pourtant, lorsqu'il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.
Homme d'affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un ancien Marine, afin de retrouver son épouse. Pour le soldat américain, que la fin de la guerre a laissé sans but, la quête de cette femme disparue est une occasion inespérée d'exister à nouveau.
À travers l'Europe, Clara et Seven vont partir à la recherche de vérités sur eux-mêmes qui altéreront pour toujours le sens de leurs vies. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Belfond et surtout Carole Llewellyn pour m'avoir envoyé ce livre. 
__Clara a 30 ans. Rescapée d'un enlèvement lorsqu'elle était enfant, elle est aujourd'hui mariée à Charles, avec qui elle mène une vie plutôt aisée et confortable à Paris. Pourtant, lorsqu'il lui demande de faire un enfant, elle s'enfuit sans laisser de traces. 
Seven, ancien Marine, qui vit aux Etats-Unis, a vent de cette disparition. Il décide alors de quitter sa petite vie routinière et sans saveur afin de partir sur les traces de Clara. La guerre ne l'a pas laissé sans séquelle et il voit dans cette enquête l'occasion de donner un but à sa vie monotone de vendeur de matelas. 
__Dans ce roman, nous suivons donc un chapitre sur deux Seven et Clara. Je pense vous avoir déjà dit que j'adore cette façon de faire, cela donne une bonne dynamique à l'histoire et permet de s'attacher davantage à nos deux protagonistes.
__On se rend très vite compte que ces deux personnages ont des séquelles de leurs passés. Séquelles qui les bloque dans leur vie. Clara s'est fait enlever quand elle était enfant et même si elle s'en est sortie saine et sauve, c'est une épreuve qui l'a beaucoup marquée et elle en souffre encore aujourd'hui. Et le pire, c'est que son entourage ne comprend absolument pas le fait qu'elle souffre, que ce soit Charles, son père ou sa soeur. J'ai beaucoup aimé la suivre. Sa vie est plus que monotone avec Charles, qui ne l'aime pas vraiment, car pour lui, elle est seulement un objet, un trophée avec lequel il peut parader. Ce n'est pas un personnage que j'ai le plus aimé d'ailleurs, on le sent plus énervé que triste de la disparition de sa femme. Il vit son départ comme un affront et n'a même pas pris la peine de s'arrêter de travailler pour la chercher. Il l'a trompe et elle passe son temps à faire les courses, à manger et à poster des photos sur Instagram. Sa vie n'a rien de palpitant et c'est sans regret qu'elle part du jour au lendemain. Seven, lui, a gardé des séquelles de la guerre. Ses pensées l'y ramènent souvent. Il a une vie monotone qui ne le satisfait plus. Il trompe Brooke, sa femme, très souvent et passe son temps à se masturber. Il voit dans la disparition de Clara l'occasion de reprendre sa vie en main, elle lui donne un objectif à poursuivre. Il se sent enfin utile à quelque chose.
__Dès les premières pages on est pris dans l'histoire. On a toujours envie de continuer à lire afin de savoir comment tout cela va se terminer. De plus, c'est très bien écrit et on se rend compte en lisant de toutes les recherches qui ont été faites en amont.
__Un premier très bon roman où les émotions de nos deux protagonistes sont disséquées et qui, à leur manière, décide tout plaquer pour ne plus subir leurs vies.


" Nous sommes tous vouées à oublier ce qui ne dure pas. "
 

mercredi 17 mai 2017

Une mère

11:11:00
 
" Barcelone, le 31 décembre. Quelques heures avant le réveillon de la Saint-Sylvestre. Amalia et son fils Fernando s’affairent avant l’arrivée des invités. Amalia, 65 ans, divorcée depuis peu, est enfin parvenue à réaliser l’un de ses rêves, réunir sa famille à l’occasion du dernier dîner de l’année. Sur la table, sept couverts : ceux d’Amalia, de son fils Fernando, de ses deux filles Silvia et Emma, d’Olga, l’amie d’Emma, et enfin de l’oncle Eduardo. Le septième couvert est celui de l’Absent. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions le Cherche Midi pour l'envoi de ce livre.
__Une mère nous narre l'histoire d'une famille espagnole, réunie pour la première fois depuis bien longtemps le soir du 31 décembre. Amalia, la mère, personnage central de ce livre, s'affaire avec son fils, Fernando, avant l'arrivée des invités. Elle n'espère qu'une chose, que tout se passe pour le mieux... Mais entre secrets, non-dits, ce dîner leur réserve, à tous, bien des surprise. Les deux filles d'Amalia, Emma et Silvia seront là, ainsi qu'Olga, la petite amie d'Emma, et enfin l'oncle Eduardo. Un septième couvert est dressé, celui des absents. Couvert qui a une signification particulière pour chacun des protagonistes autour de la table.
__C'est à travers les yeux de Fernando que nous faisons la connaissance de cette famille. Il nous raconte cette soirée du nouvel an donc, mais pas que puisque celle-ci est entrecoupée de flash-backs qui nous permettent de découvrir le passé de chacun. Ce procédé m'a énormément plu, il nous permet de voir ces personnages dans d'autres circonstances et de mieux comprendre les réactions de certains membres de cette famille. Je pense notamment à Silvia, qui, de prime abord, paraît plutôt froide mais qui, lorsque l'on sait ce qui lui est arrivé, nous apparaît davantage attachante et humaine. Elle n'a pas toujours été comme ça, c'est la vie et les épreuves qu'elle a du traverser qui ont fait qu'elle en est arrivé là. Emma, elle aussi, a du surmonter des choses pas toujours faciles. Chacun est donc façonné, transformé par le passé et par les expériences de la vie. Les apparences sont trompeuses, sous des airs froids se cachent une blessure, derrière le sourire la souffrance est présente...
__J'ai adoré suivre cette famille, chacun des personnages m'ont plu. Je me suis attaché à chacun d'eux et les quitter a été très difficile, tant je serai resté avec plaisir à leurs côtés. Tous viennent à ce repas avec leurs secrets, leurs craintes, leurs envies. Pour le meilleur comme pour le pire.
__On pourrait penser que suivre une famille l'espace d'une soirée pourrait être ennuyant ou rébarbatif mais il n'en est rien, vraiment. Je ne me suis pas embêter une seconde, bien au contraire. Les flash-backs rendent la lecture plus dynamique et font parti des passages que j'ai le plus aimé.
__La mère, personnage central du livre, m'a également beaucoup plu. Ce petit bout de femme, un peu loufoque, quasiment aveugle, divorcée depuis peu et d'une maladresse absolue est vraiment attachante. Elle aussi, elle a eu des épreuves à traverser. Elle qui vivait avec un homme qui la bridait plus qu'autre chose a décidé d'enfin vivre, d'enfin profité de la vie. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles montrent à quel point sa famille passe au premier plan et compte pour elle. Son côté fantasque nous la rend davantage captivante.
__Si certains passages sont très drôles, il y a également beaucoup d'émotion dans cette lecture. En effet, on passe du rire aux larmes en un rien de temps.
__Un livre à lire absolument !


" « On ne peut pas continuer à s'excuser d'être vivants, maman. Ça, c'est fini », me suis-je entendu prononcer. "


mardi 7 mars 2017

Les sexes électriques

16:49:00


" Bonjour.
Je suis le personnage principal du roman. L'histoire, c'est moi qui la raconte durant tout le livre, alors c'est mieux qu'on fasse connaissance rapidement.
Je suis un homme, j'ai 40 ans, et j'ai pas mal de casseroles qui me suivent. J'ai bien fait comme on m'a dit. Je me suis marié, j'ai eu des enfants, j'ai divorcé et je dois une pension alimentaire à mon ex-femme qui est une sangsue. Du coup, j'ai accepté le premier job qui passait.
Je travaille dans un call center qui vend tout ce qu'il est possible de vendre. Je suis entouré de champions du monde toutes catégories de la loose ultime.
On est une belle bande de quatras avec pas mal d'emmerdes. Mais un évènement inattendu va nous permettre de faire ce qu'on ne pensait pas possible.
Je ne dirais rien de plus sans mon avocat. La suite c'est dedans que tu la trouve."


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Hugues Facorat pour l'envoi de ce livre.
__Mitch est un auteur que j'ai découvert avec son recueil de poésie Vide. Bien que la poésie ne soit pas un de mes genre préféré et ne me touche pas spécialement, j'avais adoré lire ce recueil-ci. Lorsqu'on m'a proposé de lire son livre Les sexes électriques, j'ai accepté de suite. En effet, j'avais très envie de découvrir le style de Mitch dans un autre genre.
__Le narrateur est un quadragénaire raté, sans ambition, divorcé et obligé de verser une pension alimentaire à son ex-femme. Mais tout va changer pour lui du jour au lendemain. En effet, lorsqu'il a postulé dans cette entreprise de call center, il ne pensait pas que sa vie allait changer du tout au tout. Après s'être faire remarquer par Cain, un haut placé dans la société, il va peu à peu gravir les échelons, sans trop se tuer à la tâche. Il se pose beaucoup de questions, pourquoi lui qui n'a rien demandé et qui vient d'arriver ? Qu'est-ce qu'on va lui demander en échange de cette ascension fulgurante ? Lui qui n'était qu'un simple employé devient enfin quelqu'un, qu'est-ce qui va lui être demandé en retour ?
__Les sexes électriques est un livre prenant, qu'il est très difficile de lâcher en cours de route. Tout comme le narrateur, on se demande bien ce que cache cette soudaine attention, les promotions alors même qu'il vient seulement d'arriver dans cette entreprise. On veut savoir pourquoi lui, qui est un homme relativement banal, divorcé, sans grandes ambitions, qui vit sa vie sans chercher plus de reconnaissance. L'un des points forts de ce livre réside dans ce suspense latent. La fin m'a d'ailleurs surprise, je ne m'attendais pas à ça et je n'ai pas été déçue de celle-ci.
__Le style cinglant, abrupt m'a énormément plu. J'ai adoré la vision du narrateur sur le monde de l'entreprise ainsi que sur la condition humaine en général. Celui-ci porte un jugement plutôt négatif sur le monde de l'entreprise et sur la condition humaine en général. Il est résigné, son regard sur la société est acerbe, noir. 
__En somme c'est un roman qui m'a plu de bout en bout et que je vous recommande ! 



" Je souligne juste le regard de la psychologue qui s'attarde sur l'espace vide. C'est bizarre l'attirance que le vide a sur les gens. Ce sentiment qui nous prend quand nous sommes au bord d'un pont, ou d'une rambarde au 25ème étage. Attiré comme un aimant par le sol. Envie de sentir le vide contre soi. C'est hypnotique. Nos yeux n'arrivent pas à se détacher. On tente de détourner le regard, de faire comme si cela n'existait pas, mais on ne peut s'empêcher de jeter un œil. Le besoin de se faire peur est presque aussi viscéral que celui de se faire mal. "

" J'ai appris une chose dans la vie. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. "
8

jeudi 2 février 2017

Trois saisons d'orage

 
" Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste. 
Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Viviane Hamy pour l'envoi de ce livre.
__C'est le premier livre de Cécile Coulon que je lis, et très franchement, ça ne sera pas le dernier, tant sa plume et son histoire m'ont transportés. Difficile de mettre des mots sur ce que j'ai ressenti durant ma lecture d'ailleurs. J'ai tellement aimé ce livre que cet avis risque d'être un peu brouillon.
 __Trois saisons d'orage est une saga familiale. En effet, on y suit une famille sur trois générations : André, Bénédict, son fils, et Bérangère, sa petite-fille. André est un médecin partit vivre aux Fontaines, une aubaine pour les habitants du village qui jusque là n'en avait pas à proximité. C'est lorsqu'il vient en aide à un couple qu'il tombe amoureux de leur maison, bien qu'un drame se soit passé dans celle-ci. Néanmoins, il réussi à se l'offrir et à y vivre plutôt bien. Dès le début, on sent que quelque chose va se passer, l'ambiance est pesante, un nouveau drame va toucher la famille d'André, c'est indéniable...
__Trois saisons d'orage est un roman qui marque. Je l'ai lu le mois dernier, néanmoins il m'arrive encore d'y penser, tant j'ai aimé suivre André, Bénédict, Bérengère, Valère et tous les autres. Les quitter a été très dur, tant je me suis attachée à eux. Tous m'ont énormément plu, j'ai adoré les suivre, découvrir leurs histoires, leurs vies. Ils nous sont tellement bien décrit qu'on ne peux que les aimer et s'attacher à eux. Ils sont touchants, humains, avec leurs forces et leurs faiblesses.
__Comme je le disais plus haut, l'ambiance est pesante, on sent que quelque chose va se passer. Difficile de quitter la lecture, tant le suspense est présent. Plus on avance dans la lecture, plus on sent que le dénouement est proche. On veut savoir ce qu'il se passe, ce qu'il va arriver, c'est indéniable. Et pourtant, on s'attache tellement aux personnages qu'on ne veut pas voir ce dénouement arrivé, tant on ne veut pas qu'il leur arrive malheur. Même si parfois, le drame est salutaire.
__Cécile Coulon m'a vraiment conquise de bout en bout avec ce livre. Sa plume nous transporte totalement dans l'univers des Fontaines. On s'y croirait vraiment, tant elle nous décrit bien les paysages, qui sont des personnages à part entière. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », sont omniprésentes dans ce roman, attrayantes et dangereuses à la fois. La nature est également très présente, les hommes croient la dominer mais elle peut se rebeller à n'importe quel moment...
__Un très grand roman donc vous l'aurez compris, que j'ai adoré et qui m'a beaucoup marqué ! 



" Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s'y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d'orgueil, qu'elle était là avant eux, qu'elle ne leur appartient pas, mais qu'ils lui appartiennent. "

" André avait toujours cru savoir ce que signifiait le prix d'une victoire ; il apprendrait, dorénavant, à vivre avec ses cadavres, comme on traîne en soi une douleur latente. "

" Ils ne voulaient pas voyager. Mais elle, avec ces livres qu'elle recevait, ces histoires, ces découvertes, ces paysages qu'elle décrivait, elle faisait trois fois le tour de la terre, assise sur sa chaise, devant sa grande table de bois, elle bourlinguait à toute vitesse, son esprit affûté formait des souvenirs de lieux où elle n'irait jamais, et parfois, la nuit, quand le sommeil ne venait pas, Agnès était prise d'une nostalgie terrible, la nostalgie des lieux qu'elle n'avait pas connus. "
L

lundi 14 novembre 2016

La ballade de l'enfant gris

23:04:00

 " C'est l'histoire de Jo', jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C'est l'histoire de No', un petit garçon de sept ans attachant et joueur, qui est atteint d'un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas plus souvent le voir à l'hôpital.
C'est l'histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l'autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin, dans la chambre de l'enfant, survient un drame qui lie à jamais le destin de ces trois êtres.
Jo' devra tout quitter pour partir sur les traces de Maria et percer ses mystères. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord, je tiens à remercier Baptiste Beaulieu et les éditions Mazarine pour l'envoi de ce livre.
__Jo' est interne en pédiatrie et se prend d'affection pour l'un de ses patients, No', sept ans, atteint d'un mal incurable. La mère de No', Maria, ne vient pas le voir souvent, le personnel hospitalier est très dur envers elle et envers ses absences. Le petit, lui, se pose des questions, il en vient même à penser que sa maman ne l'aime pas. Heureusement, No' peut compter sur le soutien de Jo', qui essaye tant bien que mal de changer les idées à cet enfant, en lui racontant des histoires plus fantasques les unes que les autres, ou en imaginant des blagues à faire au personnel du service. Jusqu'au jour de la déchirure. Le jour où le drame survient et scelle à jamais le destin de Jo', No' et Maria. Dès lors, Jo' va devoir entreprendre un voyage qui va l'emmener au bout du monde, afin de retrouver Maria et de percer ses mystères.
La ballade de l'enfant gris est un livre très touchant, que j'ai adoré ! Difficile pour moi d'en parler tant j'ai aimé cette histoire, tant les personnages m'ont touchés et tant j'ai été prise dans cette quête.
__Ce qui m'a déjà beaucoup plu dans cette histoire, c'est la façon dont elle est racontée. Un chapitre suit le moment après la déchirure, c'est à dire le moment présent, tandis que le suivant se passe avant la déchirure en faisant le décompte jusqu'à ce moment fatidique et on a une alternance de ces deux temporalités tout le long du roman. C'est un procédé que j'ai vraiment apprécié puisqu'il permet de maintenir du suspense étant donné qu'on ne sait pas ce qui s'est passé ce fameux jour que Jo' nomme "La déchirure" et que l'on ne le découvrira qu'à la toute fin.
__J'ai pris énormément de plaisir à suivre Jo' dans son aventure, ainsi que tous les personnages qu'il croise sur sa route. Il est touchant et très attachant. On sent que ce petit garçon est beaucoup plus que son patient, qu'il s'est vraiment attaché à lui. Cette quête initiatique va l'emmener au bout au monde, jusqu'à Jérusalem en passant par l'Italie et je ne me suis pas ennuyée une seconde à suivre son périple. Je n'avais qu'une hâte, enfin découvrir le fin mot de toute cette histoire et je ne me suis absolument pas douté de ce dénouement. Il m'a vraiment plu et aussi beaucoup surprise, je ne m'attendais pas à ça du tout ! 
__Vous l'aurez compris, j'ai tout aimé dans ce roman, vraiment ! J'ai été touchée et émue à plusieurs reprises. Baptiste Beaulieu nous livre une histoire prenante et émouvante, qui ne laisse pas indifférente. D'autant plus quand on sait que c'est inspiré de sa propre histoire. Assurément c'est un énorme coup de coeur et un livre que je vous recommande vraiment. J'ai d'ailleurs hâte de découvrir ses précédents ouvrages qui attendent désespérément dans ma PAL ^^.


" Toute sa vie sera bouleversée à cause de ces vingt kilos d'enfance abandonnés dans le creux de ses bras. Les grandes amitiés - comme les drames immenses - ont souvent de petits commencements..."

" Y a des êtres, ils sont miraculeux. Une caresse. Un mot. Un sourire. Et c'est toute votre existence qui devient meilleure. "

mercredi 9 novembre 2016

Matteo a perdu son emploi

17:28:00



" Aaronson n’a pas toujours été mort. Il fut un temps où Aaronson était même, sans exagérer, un être vivant. De vingt-sept à trente ans, Aaronson tournait – tel un insecte obsessionnel – autour d’un rond-point. Tous les matins, on pouvait voir un homme, entre sept heures et sept heures et demie, faire le tour du principal rond-point de la ville, vers lequel convergeait 60 % de la circulation. C’est ainsi que Gonçalo M. Tavares nous invite à suivre les aventures extravagantes de ses personnages : un joggeur, un enquêteur sondeur, un enseignant, un collectionneur de cafards… Jusqu’à l’apparition de son héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi. Vingt-six individus dont les destins sont liés comme dans un jeu de dominos, la chute d’une pièce entraînant celle de la suivante. Le lecteur avance de surprise en surprise, empruntant simultanément les chemins de l’absurde et de l’intelligence, il découvre au fil des pages une créativité fascinante qui rappelle celle de Kafka, Beckett ou Melville. Un univers où les ambiguïtés sont reines et offrent de passionnantes réflexions sur l’homme, la ville, la vie moderne et l’ironie de l’existence. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Vivane Hamy pour l'envoi de ce livre.
__L'auteur nous invite à suivre l'histoire et le destin de plusieurs personnages, chaque chapitre étant dédiés à l'un deux. Ce n'est d'ailleurs qu'à la fin du livre que l'on fait la connaissance de Matteo, celui-là même du titre. Chaque chapitre se termine par l'introduction du personnage d'après. On a donc ici une construction originale, un peu déroutante au début certes, mais que l'on prends, au fil de la lecture, de plus en plus de plaisir à lire. A travers ces histoires, toute emplie d'humour, et avec un côté un peu décalé, j'ai vraiment passé un bon moment. 
__Assurément, ce livre est une très bonne découverte. L'écriture m'a également beaucoup plu. Les photos de mannequin qui représentent les personnages et qui peuplent le roman sont une bonne valeur ajoutée. 
__Une très bonne lecture en somme, que je vous invite à découvrir, ne serai-ce que pour l'originalité et l'humour qui s'en dégage.