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jeudi 2 février 2017

Trois saisons d'orage

 
" Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste. 
Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Viviane Hamy pour l'envoi de ce livre.
__C'est le premier livre de Cécile Coulon que je lis, et très franchement, ça ne sera pas le dernier, tant sa plume et son histoire m'ont transportés. Difficile de mettre des mots sur ce que j'ai ressenti durant ma lecture d'ailleurs. J'ai tellement aimé ce livre que cet avis risque d'être un peu brouillon.
 __Trois saisons d'orage est une saga familiale. En effet, on y suit une famille sur trois générations : André, Bénédict, son fils, et Bérangère, sa petite-fille. André est un médecin partit vivre aux Fontaines, une aubaine pour les habitants du village qui jusque là n'en avait pas à proximité. C'est lorsqu'il vient en aide à un couple qu'il tombe amoureux de leur maison, bien qu'un drame se soit passé dans celle-ci. Néanmoins, il réussi à se l'offrir et à y vivre plutôt bien. Dès le début, on sent que quelque chose va se passer, l'ambiance est pesante, un nouveau drame va toucher la famille d'André, c'est indéniable...
__Trois saisons d'orage est un roman qui marque. Je l'ai lu le mois dernier, néanmoins il m'arrive encore d'y penser, tant j'ai aimé suivre André, Bénédict, Bérengère, Valère et tous les autres. Les quitter a été très dur, tant je me suis attachée à eux. Tous m'ont énormément plu, j'ai adoré les suivre, découvrir leurs histoires, leurs vies. Ils nous sont tellement bien décrit qu'on ne peux que les aimer et s'attacher à eux. Ils sont touchants, humains, avec leurs forces et leurs faiblesses.
__Comme je le disais plus haut, l'ambiance est pesante, on sent que quelque chose va se passer. Difficile de quitter la lecture, tant le suspense est présent. Plus on avance dans la lecture, plus on sent que le dénouement est proche. On veut savoir ce qu'il se passe, ce qu'il va arriver, c'est indéniable. Et pourtant, on s'attache tellement aux personnages qu'on ne veut pas voir ce dénouement arrivé, tant on ne veut pas qu'il leur arrive malheur. Même si parfois, le drame est salutaire.
__Cécile Coulon m'a vraiment conquise de bout en bout avec ce livre. Sa plume nous transporte totalement dans l'univers des Fontaines. On s'y croirait vraiment, tant elle nous décrit bien les paysages, qui sont des personnages à part entière. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », sont omniprésentes dans ce roman, attrayantes et dangereuses à la fois. La nature est également très présente, les hommes croient la dominer mais elle peut se rebeller à n'importe quel moment...
__Un très grand roman donc vous l'aurez compris, que j'ai adoré et qui m'a beaucoup marqué ! 



" Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s'y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d'orgueil, qu'elle était là avant eux, qu'elle ne leur appartient pas, mais qu'ils lui appartiennent. "

" André avait toujours cru savoir ce que signifiait le prix d'une victoire ; il apprendrait, dorénavant, à vivre avec ses cadavres, comme on traîne en soi une douleur latente. "

" Ils ne voulaient pas voyager. Mais elle, avec ces livres qu'elle recevait, ces histoires, ces découvertes, ces paysages qu'elle décrivait, elle faisait trois fois le tour de la terre, assise sur sa chaise, devant sa grande table de bois, elle bourlinguait à toute vitesse, son esprit affûté formait des souvenirs de lieux où elle n'irait jamais, et parfois, la nuit, quand le sommeil ne venait pas, Agnès était prise d'une nostalgie terrible, la nostalgie des lieux qu'elle n'avait pas connus. "
L

mercredi 9 novembre 2016

Matteo a perdu son emploi

17:28:00



" Aaronson n’a pas toujours été mort. Il fut un temps où Aaronson était même, sans exagérer, un être vivant. De vingt-sept à trente ans, Aaronson tournait – tel un insecte obsessionnel – autour d’un rond-point. Tous les matins, on pouvait voir un homme, entre sept heures et sept heures et demie, faire le tour du principal rond-point de la ville, vers lequel convergeait 60 % de la circulation. C’est ainsi que Gonçalo M. Tavares nous invite à suivre les aventures extravagantes de ses personnages : un joggeur, un enquêteur sondeur, un enseignant, un collectionneur de cafards… Jusqu’à l’apparition de son héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi. Vingt-six individus dont les destins sont liés comme dans un jeu de dominos, la chute d’une pièce entraînant celle de la suivante. Le lecteur avance de surprise en surprise, empruntant simultanément les chemins de l’absurde et de l’intelligence, il découvre au fil des pages une créativité fascinante qui rappelle celle de Kafka, Beckett ou Melville. Un univers où les ambiguïtés sont reines et offrent de passionnantes réflexions sur l’homme, la ville, la vie moderne et l’ironie de l’existence. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Vivane Hamy pour l'envoi de ce livre.
__L'auteur nous invite à suivre l'histoire et le destin de plusieurs personnages, chaque chapitre étant dédiés à l'un deux. Ce n'est d'ailleurs qu'à la fin du livre que l'on fait la connaissance de Matteo, celui-là même du titre. Chaque chapitre se termine par l'introduction du personnage d'après. On a donc ici une construction originale, un peu déroutante au début certes, mais que l'on prends, au fil de la lecture, de plus en plus de plaisir à lire. A travers ces histoires, toute emplie d'humour, et avec un côté un peu décalé, j'ai vraiment passé un bon moment. 
__Assurément, ce livre est une très bonne découverte. L'écriture m'a également beaucoup plu. Les photos de mannequin qui représentent les personnages et qui peuplent le roman sont une bonne valeur ajoutée. 
__Une très bonne lecture en somme, que je vous invite à découvrir, ne serai-ce que pour l'originalité et l'humour qui s'en dégage. 


 

lundi 12 septembre 2016

Un dangereux plaisir

23:20:00

" En dépit de la nourriture que ses parents lui imposent et qu’il rejette avec constance, Élie Élian s’attarde à l’arrière du restaurant qui s’est ouvert dans son quartier. Les gestes qu’il observe, les effluves dont il se délecte sont une révélation : il sera chef-cuisinier. Son passage dans l’établissement de la veuve Maudor sera déterminant. Elle l’initie à l’amour fou et lui offre d’exercer son incroyable génie culinaire. Puis ses errances dans un Paris en proie aux émeutes le mèneront jusqu’au Trapèze, le restaurant où son destin de magicien des sens, des goûts et des saveurs s’accomplira. "


Ce que j'en ai pensé...

__Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Viviane Hamy pour m'avoir envoyé ce livre.
__Dans la famille Élian, on ne mange pas pour le plaisir. On mange parce que c'est nécessaire. Pas de grands plats donc, mais de la bouilli infâme que le fils Élie a bien du mal a avaler. Pour ses parents, ne pas vouloir de leur nourriture est un véritable affront. Élie découvre l'arrière du restaurant qui s'est ouvert dans son quartier et cela va être déterminant pour lui. Il observe les gestes des cuisiniers pendant des heures, se perd dans les effluves qui émanent de ce restaurant. Ses parents ne comprennent absolument pas son obsession du restaurant et vont encore moins le comprendre quand il leur annoncera qu'il souhaite devenir cuisinier. Ils se désintéressent alors de son avenir et ne souhaitent qu'une chose : il fera ce qu'il veut tant qu'il ne salit pas leur nom. Ils le laisse donc se débrouiller seul. Commence alors une vie de errance dans la rue pour Élie. Malgré tout, malgré la vie dans la rue, malgré les rencontres peu profitable pour lui, il ne perd pas de vue son objectif. 
__C'est le premier livre de Vallejo que je lis et je ne suis absolument pas déçue ! J'ai vraiment été conquise par ce roman ! Dès les premières pages j'ai été happé et il m'a été difficile de me détacher de ma lecture. J'avais toujours envie d'en lire plus pour enfin savoir comment cela allait se terminer.
__Élie est un personnage qui m'a beaucoup plu et auquel je me suis beaucoup attaché. J'ai adoré suivre son parcours, jonché d'embûches mais qui seront pourtant tellement formatrice pour lui.
__Le style de Vallejo m'a également énormément plu. Poétique, sensuelle, travaillée, son écriture, tout comme les plats qui nous sont décris, est un vrai régal. Un livre à lire donc (mais de préférence le ventre plein ^^).